Politique économique

Les accords de Bretton woods


La guerre n’était pas encore terminée que les représentants de 44 pays, dont notamment les USA, l’Angleterre et la France, se réunirent au New Hamphire à Brettons Wood afin de rédiger et de signer un accord régissant l’ordre monétaire mondial. Le FMI (fond monétaire international) allait naître. Conscient des erreurs commises par le passé durant l’entre deux guerres, les Etats signataires manifestèrent à travers cet accord la volonté de développer le commerce international et de garantir le plein emploi et la stabilité des prix.

FMI (fond monétaire international)

Par les accords du FMI, seul le $ pouvait être convertible en or et garantit par la Reserve Federale aux taux de 35$ l’once d’or. Les autres devises étant définies par rapport au $. Ainsi, l’obligation de maintenir un taux fixe n’incitait guère les USA d’engager des politiques monétaires expansionnistes, source d’inflation. La plupart des pays signataires sortant de la guerre, ruinées, devaient se reconstruire. Ceci laissait présager donc dans les premières années des déficits structuraux des balances courantes vis-à-vis des USA. Les accords du FMI prévoyaient deux axes pour garantir l’équilibre extérieur sans pour autant négliger le plein emploi et la stabilité des prix : prêts du FMI et les parités ajustables :
-Chaque Etat membre en fonction de son importance économique devait constituer des réserves auprès du FMI (1/4 d’or et ¾ en monnaie nationale). Les pays membres pouvaient utiliser leur monnaie nationale pour les convertir en or ou en devise étrangères dans la limite de leur participation en or. Un pays qui souhaitait emprunter davantage devait soumettre sa politique économique à un contrôle plus étroit du FMI.
-Il fut aussi permis aux Etats participants d’ajuster leur monnaie vis-à-vis du $ dans le cas de « déséquilibre fondamental ». Ainsi, dans le cas où un pays connaitrait un déficit, la dévaluation lui garantissait une meilleure compétitivité de son économie et un équilibre de sa balance des paiements.

Dans le cas contraire, l’équilibre intérieur et extérieur ne pouvait se faire qu’au prix d’une déflation et de chômage.

Les articles du FMI prévoyaient la convertibilité des monnaies des Etats membres entre elles dés lors que les économies seraient reconstruites, afin de faciliter les échanges internationaux. La convertibilité des monnaies européennes fut effective en 1958. Au lendemain de la guerre, le $ devint une monnaie de réserve, une unité de compte et une monnaie d’échange internationale. Les économies étant dévastées, les USA étaient les seuls à fournir l’Europe en biens et services nécessaires à leur reconstruction. De plus, les banques centrales tiraient avantage de détenir des actifs en dollar porteur d’intérêts dans leurs réserves. Lorsqu’un pays connaissait un déficit persistant, il lui était permis de dévaluer sa monnaie. Cependant, les Etats utilisaient ce moyen qu’en dernier recours. En effet, toute personne détenant des avoirs dans une monnaie dévaluée verrait la valeur de ces avoirs diminués et donc chercherait à les vendre avant la dévaluation. Dans un système de change fixe, pour éviter une dévaluation, la banque centrale achète des devises étrangères avec sa monnaie nationale pour financer le déficit de sa balance. Cet échange, diminuant la masse monétaire nationale en circulation, génère une baisse générale des prix favorisant les exportations. Un rééquilibrage de la balance s’effectue. Pareil raisonnement s’applique à l’inverse dans le cas de balance excédentaire. Les crises chroniques des balances des paiements que connurent certains pays comme l’Angleterre dans les années 60 fut à l’origine de spéculations violentes contre leur monnaie. En 1964, l’Angleterre connut un déficit record de sa balance des paiements. Une spéculation contre la livre s’ensuit et en 1967 la Livre Sterling est dévaluée. Si ces crises des balances des paiements, de plus en plus persistantes au début des années 70 fut une des causes, c’est la crise du Dollar qui sonna la fin du système de Bretton Woods.

La crise du dollar

Dans le système de Bretton Woods seul le dollar était convertible en or au taux fixe de 35$ l’once que la réserve fédérale devait garantir. Dans les faits, les banques centrales préféraient conserver leurs dollars porteurs d’intérêts plutôt que d’en demander la conversion en or. En 1965, le General  de Gaulle, contestant la suprématie du dollar et constatant que le Système de Bretton Woods montrait des signes de faiblesse, demanda la conversion des avoirs en dollars de la banque de France  en or.
Dés 1960, l’économiste Robert Triffon posa clairement la question de la viabilité d’un tel système à long terme. A l’époque, la dette américaine demeurait inférieure à son stock d’or. Mais les réserves d’or n’augmenterait pas à l’infini jusqu’au jour où les Etats unis ne seront plus en mesure de garantir la convertibilité du dollar avec l’or. On suggéra à l’époque une augmentation du prix de dollar mais le risque de voir disparaitre toute confiance  dans le billet vert éloigna cette perspective, tout au moins à court terme.
A partir de 1965, les Etats unis, par l’entre mise du Président Johnson, s’engagèrent dans une politique budgétaire et monétariste expansionniste (voir graphe 1 et 4). La guerre du Vietnam ainsi que la mise en œuvre du programme de « grande société » dont les objectifs étaient notamment la rénovation urbaine et l’amélioration de l’éducation publique, en furent la cause. Cette politique économique eut pour conséquence une inflation de 6% annuel (voir graphe 2) ainsi qu’une dégradation de la balance courante(voir graphe 3). A travers une telle politique, les Etats-Unis se désengagèrent petit à petit de leurs obligations vis-à-vis de Bretton Woods à savoir d’équilibrer leur économie aussi bien sur le plan intérieur qu’extérieur.
Le début des années 70 fut caractérisée par une inflation généralisée mondiale qui trouva principalement ses origines dans les déséquilibres de l’économie américaine. Pour garantir la fixité des changes vis-à-vis du dollar, les banques centrales des autres pays, notamment européens, durent acheter des dollars sur le marché des changes soutenant ainsi le billet vert. L’interdépendance commerciale de ces pays avec la 1ere puissance commerciale mondiale accompagné d’un change fixe amena inéluctablement une inflation par les importations américaine à court et moyen terme. En parallèle, les agents américains, pour financer leur déficit de la balance commerciale (voir graphe 3), convertirent leur dollar contre les devises des pays concernés augmentant ainsi la masse monétaire en circulation dans les dits pays. En résumé, une inflation à la fois par les importations et par l’augmentation de la masse monétaire expliquent l’inflation généralisée que connut l’Europe dans le tout début des années 70. En 1971, Le président Nixon suspend l’étalon or-dollar. Rapidement cette situation fut intenable. En décembre 1971,  un accord international dévalue le dollar de 8% par rapport aux autres monnaies, l’once d’or passe à 38$. Mais cet accord fut caduc en moins de six mois. Des attaques spéculatives se déclenchent contre le dollar et le 19 mars 1973, les marchés des changes s’ouvrent avec un flottement généralisé des taux de changes des principales monnaies dont le dollar.


Taux de croissance des dépenses publiques en % annuel
Graphe 1 : Taux de croissance des dépenses publiques en % annuel (Source : Economic Report of the president, 1985)


Taux d'inflation en % annuel
Graphe 2 : Taux d'inflation en % annuel (Source : Economic Report of the president, 1985)


Surplus courant en milliards de dollars
Graphe 3 : Surplus courant en milliards de dollars (Source : Economic Report of the president, 1985)


Taux de croissance de l'offre de monnaie en % annuel
Graphe 4 : Taux de croissance de l'offre de monnaie en % annuel (Source : Economic Report of the president, 1985)