Politique économique

La crise des subprimes

La première décennie de notre ère a connu en 2008 une crise financière qui aurait pu être d’une ampleur identique à celle qu’a connue le monde en 1929. Si les causes directes en sont différentes, la logique de profit immédiat en constitue le dénominateur commun. Je n’aborderai pas ici la crise de 1929 mais celle des subprimes de 2008. Pour comprendre les subprimes, il faut remonter en 1983, année où de brillants esprits d’une filiale de General Electric imagine de saucissonner les créances immobilières en actifs, la titrisation, dans le but de faciliter l’accès au crédit immobilier. Ce découpage était constitué d’actifs plus ou moins risqués. La tranche des fonds de pension était la moins risquée, celle des subprimes la plus risquée car constitué de crédits accordés au couche les plus populaires et dont la solvabilité était douteuse. De nombreuses banques, surtout au Etats-Unis, avaient un actif constitué de prêts classiques suivis jusqu’à échéance et d’obligations représentants des titrisations de créances immobilières souscrites par d’autres organismes financiers dont l’objectif premier était d’accorder des prêts, les transformer en obligations et les revendre.
2007-2008 années noires, le prix de l’immobilier chute en parallèle un grand nombre d’emprunteurs ne sont plus en mesure de répondre à leurs échéances. Il s’agissait dans leur majorité de prêts à taux variables et titratisés (des subprimes). N’ayant pas provisionnée de fond propre pour faire face à ces risques, les banques se trouvent rapidement dans une situation d’insolvabilité. Rapidement, face aux risques encourus les prêts interbancaires ralentissent de manières significatives. Les banques n’accordent désormais que des prêts à des taux élevés et à court terme aux particuliers et aux entreprises, dégradant ainsi l’économie réelle. Toutes les banques possèdent dans leurs actifs de ces titres à des niveaux différents. En septembre 2008, La banque Lehman Brothers fait faillite, d’autres banques suivent. Le monde capitaliste entre en crise.

Le 8 aout 2007, jour de déclenchement de la crise des subprimes, Bernanke président de la FED et éminent spécialiste de la crise de 1929, comprend très vite les enjeux et les conséquences de cette crise si la banque centrale américaine et les gouvernements n’interviennent pas. Il est décidé de renflouer le capital des banques, de faciliter les prêts et afin d’éviter les affluts aux guichets, on élargit les conditions de garantie à certaines banques, la banque centrale se porte ainsi garant des dépôts des clients de ces banques.
Le pire semble éviter … Toutefois, le gouvernement américain refuse de venir en aide à la banque Lehman Brothers en Septembre 2008. Cette faillite provoque une onde de choc dans l’économie mondiale touchant aussi bien la finance que l’économie réelle. Les conditions de crédits sont durcies. Les investissements chutent, les entreprises puisent dans leurs stocks. Ainsi de mars 2008 à mars 2009, le commerce mondial chute de 18% et la production industrielle recule de 17%. Face à cette crise, les gouvernements décident la crise en œuvre de politiques monétaires et budgétaires. Les taux d’intérêts sont ramenés à 0%. Les Etats facilitent les prêts aux banques en difficultés. Une politique de soutient de la demande est réalisée dans un premier temps par des baisses d’impôts et des transferts aux ménages, dans un second temps, pour améliorer les effets multiplicateurs, par des dépenses d’infrastructures accentuant ainsi le déficit budgétaire des Etats. Le FMI estime que cette politique budgétaire aura contribué à l’augmentation de 1% du PIB en 2009 et de moins de 1% en 2010.
Si la sortie de la crise s’avère lente, il n’en demeure pas moins que ces politiques ont permis une amélioration de la situation économique dés 2009. Cependant, dans le même temps, la crise de la dette de la plupart des pays du G20 s’accentue de manière de plus en plus inquiétante. Cependant et surtout, la refonte de politiques budgétaires, notamment européenne n’est toujours pas d’actualité. Ainsi, est il normal qu’un Etat soit obliger d’emprunter sur des marchés financiers à des taux plus ou moins élevés, à voir sa politique économique jugée, et par voir de conséquence dictée, par des structures dites « agences de notation » privées et qui plus est étrangères.