Politique économique

La croissance économique


Définition

La croissance économique est l’augmentation ou la diminution du produit intérieur brut dit PIB qui se définit comme la somme, pour un période donnée, des revenus distribuées. On y trouve les impôts indirects prélevés sur les ventes, les revenus du travail (les salaires) et les revenus du capital. Bref, il mesure le niveau de richesse d’un pays de manière quantitative et non qualitative. La croissance tel que l’on utilise dans les analyses économiques représente la variation réelle du PIB et non nominal. Derrière ces deux notions se cache simplement la notion d’inflation, de hausse généralisée des prix. Lorsque l’on parle de notion réelle, on s’entend que l’on a tenu compte de l’inflation qui si elle est positive fait perdre de la valeur à la monnaie et inversement. Pour illustrer ces propos, nous concevons facilement qu’un euros de 2002 n’équivaut pas à un euros 2012. Pour consommer la même chose aujourd’hui il nous davantage d’Euros. En tenant compte de la hausse généralisée des prix publiés ces dernières années ou de l’indice des prix à la consommation en 2012, un euro 2000 vaut en 2011 1,17 euros (cf guide-lecture-tableaux-2012.pdf publiée par l’INSEE). Cette conversion s’appelle le déflatage. Le multiplicateur le déflateur. L’indice des prix à la consommation (IDC) et l’inflation différent généralement de très peu, à quelques exceptions prés, comme en 1979-80. Le premier indice évalue l’évolution des prix des biens achetés par les consommateurs, le second l’évolution des prix de biens produits dans l’économie. La croissance traduisant l’augmentation de la richesse d’une nation, elle est de nos jours au cœur des décisions de politiques économiques. Cependant l’augmentation continue de la richesse d’un pays est elle réaliste ad vitam aeternam? Pour qu’elle raison faudrait il que le niveau de vie sur le plan matériel des futurs générations soit il toujours plus élevé que les précédentes? Faut-il rappeler que la croissance continue telle qu’on la connait aujourd’hui n’a commencé qu’au lendemain de la seconde guerre mondiale. Entre 1890 et 1945, le PIB de la France était d’environs 250 millions de Francs de 1980, avec quelques variations selon les périodes (cf Graphe 1), notamment pendant les guerres. En 2000, il était de 5000 millions de Francs 1980. Au final, le problème du chômage et des inégalités sociales n’est il pas un problème davantage de répartitions de la richesse qu’un manque de croissance? Bref, les décennies futures ne sonnera t’elle pas le glas de la société de consommation, société nuisible à grande échelle pour la planète.

PIB Français réel depuis 1980

Graphe 1 - Source : Macroéconomie de Olivier Blanchard et Daniel Cohen edition 2009


Les facteurs de croissance : Les limites du modèle traditionnel

Si l’on s’en tient à la vision traditionnelle et néo classique de Solow(1956), la croissance s’expliquerait par l’augmentation de deux facteurs, le capital et le travail, régis chacun par la loi des rendements décroissants. Lorsqu’un facteur augmente, l’autre étant constant, la productivité marginale de ce facteur diminue de manière logarithmique. Plus concrètement, une entreprise achète des ordinateurs pour améliorer la qualité et la quantité de travails des salariés, intuitivement il y a un seuil à partir duquel l’achat d’ordinateurs n’améliorera plus la productivité faute de salariés ou de compétences. Pour palier à cette fatalité, les entreprises sont amenées à réaliser des économies d’échelle, d’augmenter à la fois les facteurs capital et travail. C’est l’objet très souvent des fusions d’entreprises. Ainsi, par ce biais permet-on une meilleure division du travail en spécialisant les individus dans les domaines où ils sont les plus performants. Ainsi, réduit-on les coûts fixes de gestion, de direction, d’administration qui font double emplois. Ainsi, peut-on mettre à disposition des techniques et des équipements plus performants et adaptés qu’il aurait été impossible de mettre en place dans des entreprises à taille plus restreinte.Cependant et comme toujours, il existe un seuil au-delà duquel, l’augmentation de la taille d’une entreprise amène ce que l’on appelle des déséconomies d’échelle c'est-à-dire une baisse de la productivité marginale. En effet, quand une entreprise s’agrandit des contraintes apparaissent : lenteur des décisions et de la transmission d’information dû à des hiérarchies croissantes, coûts engendrés par les répartitions géographiques des sites … Dès lors face à une loi des rendements décroissants inéluctables, comment expliquer la croissance continue depuis plus de 70 ans sinon par l’introduction d’un troisième facteurs le progrès technique au sens large du terme (Recherche et développement, amélioration de la connaissance, infrastructure, technologie d’’information et des communications). De nombreuses études publiées dans les années 70 en ont montré l’importance durant les trente glorieuses. Si la croissance de l’après guerre s’explique dans les premières années par l’accumulation du capital (reconstruction), c’est bien le progrès technique qui explique la croissance qu’à connu les pays occidentaux à partir des années 50 et c’est aussi la baisse de celui-ci qui explique le ralentissement de la croissance à partir du début des années 70. Les travaux publiés par Malivaud en 1972 et Denison en 1976 ont confirmé ces dits.