Politique économique

L'entre deux guerres


Après un abandon durant la grande guerre, l’étalon or fut rétabli en 1918.
Le financement de la reconstruction par les dépenses publiques généra une inflation galopante dans la plupart des pays d’Europe.

L’hyperinflation Allemande

Le traité de Versailles fit endosser à l’Allemagne les réparations dû à la reconstruction. Deux politiques se présentaient alors à l'Allemagne: une consistant à augmenter les taxes, baisser les salaires, diminuer certains budgets, l’autre consistant à faire fonctionner la planche à billet. Ce fût cette dernière qui fût choisit, au point que le Mark perdit en quelques années toute sa valeur. En 1922,  le mark-or valait 46 mark-papier pour valoir 6 milliards en 1923. Les citoyens allemands perdirent toute confiance au Mark. L’économie de troc se développa surtout dans les campagnes.
En 1924, la France accepte de revoir ses conditions concernant le paiement des réparations. Un redressement économique en Allemagne s’opère, le ministre des finances, Huns Luther, conjointement avec le directeur de la Reichsbank crée un nouvelle monnaie le Runtenmark et une nouvelle banque la Rentenbank. Le Rentenmark n’est pas étalonné par rapport à l’or mais par rapport à une hypothèque sur les forces productives du pays (industrie, agriculture). Cette monnaie obtint la confiance du peuple. En parallèle,  une réforme budgétaire, fiscale, sociale fut mise en œuvre : réduction des allocations chômage, augmentation des impôts, diminution des crédits … En
Août 1924, la situation économique est assainie : La Reichsbank peut réémettre des billets, l’étalon-or est rétabli.

La crise de 1929

La crise de 1929 trouve son origine quelques années auparavant dans une bulle spéculative. A partir de 1926, la recherche de profit à court terme incita de nombreux américains à investir dans l’achat d’action en bourse à crédit. Cet engouement entraina un doublement des valeurs boursières en 3 ans. Le volume des prêts à la spéculation a presque tripé durant cette période atteignant 6 milliards de dollar en 1929. Dans le même temps, les profits ne permirent pas la redistribution de dividende en conséquence.  Les industriels ne privilégiant pas l’investissement, une partie des bénéfices non investie dans la production finançait les prêts spéculatifs. En somme, les valeurs boursières augmentèrent bien trop vite par rapport à ce que l’économie réelle pouvait supporter. Le jeudi 24 octobre un mouvement de panique saisit la bourse de Wall Street. Des millions d’actions furent en vente et ne trouvèrent pas preneurs. Ne pouvant rembourser les prêts souscrits pour acheter les actions de nombreuses banques firent faillites et de nombreux citoyens se retrouvèrent ruiner. Les capitaux fuirent vers l’étranger. Dans le même temps, le gouvernement américain, fidèle à sa ligne libérale et à sa volonté de conserver la parité or-dollar ne renfloua pas les banques par l’émission de billets. Un cercle vicieux commença : faillite, chômage, baisse de la production, déflation … De 1929 à 1934, le PNB américain passa de 87 à 39 milliards de dollars. La crise se propaga rapidement aux autres économies capitalistes. Une réaction de repli sur soi se mit en place. En 1930, les États Unis, par le tarif Smoot-Hawley, limitèrent leurs importations. En réponse, les réactions des autres pays ne se firent pas attendre avec la mise en œuvre de politiques tarifaires douanières contraignantes  et la mise en place de partenariats privilégiés entre Nations. Les exportations américaines s’effondrèrent d’autant plus que le dollar resta surévalué.
Des études menées dans les années 90 (Cf. Graphe 1), ont permis de démontrer le rôle de l’Etalon-or comme ralentisseur de la reprise économique. Les travaux de Ben Bernanke et de Kevin Carey ont mis en évidence que les pays qui avaient abandonnés l’étalon-or au profit du système de change flottant purent lutter plus efficacement contre la déflation et connurent une chute moins importante de leur production. A titre d’exemple, la France et les Etats-Unis, qui conservèrent l’Etalon-or,  enregistrèrent une diminution de leur production de 30% entre 1929 et 1935 alors que l’Angleterre, qui laissa flotter sa monnaie, enregistra durant la même période une augmentation d’environ 5%.

C’est dans une logique de redynamiser les échanges extérieurs tout en garantissant les équilibres intérieurs (inflation maitrisée, pleine emploie, croissance) que le système de Bretton Wood et le FMI (fond monétaire international) furent mise en place au lendemain de la seconde guerre mondiale.


Ben Bernanke et Kevin
                                        Carey ,<br>nominal wage
                                        stickiness and aggregate supply
                                        in the great depression,
                                        <br>Quarterly journal of
                                        economics 111, août 1996
                                        p853-883
Graphe 1 : Production industrielle en 1935 (Source : Ben Bernanke et Kevin Carey ,nominal wage stickiness and aggregate supply in the great depression, Quarterly journal of economics 111, août 1996 p853-883.
Des pays comme le Royaume Uni et l'Australie qui abandonnèrent rapidement l'Etalon-or connurent un déclin plus faible de leur production que des pays comme la France, la Suisse, les Pays Bas, la Pologne et les USA, encore à l'Etalon-or en 1935.