Politique économique

Le marché global des capitaux
On appelle marché global des capitaux un marché internationale sur lequel s’échangent des actifs de différents pays comme les actions et les obligations . Divers acteurs y interviennent. On y trouve principalement les entreprises, les banques commerciales, les institutions publiques, les institutions financières non bancaires. Ce marché a décollé au début des années 70 et a connu une expansion dans les années 80 avec la libéralisation du marché des capitaux et l’utilisation de l’informatique au sein des bourses rendant plus rapide et plus facile la transmission d’information à travers le monde.

Le marché des capitaux : un gain pour les transactions?

Il existe trois catégories de transactions :
- Les transactions entre marchés de biens et services. La production d’une automobile nécessite l’achat de matière première ou de pièces détachées produites à l’étranger. Dans cet exemple, on comprend rapidement le gain qu’apportent les échanges sur le marché des biens et services. Sans importation, les exportations d’automobiles sont impossibles.
- Les transactions entre marché des biens et services et marché des capitaux. Pour se développer une entreprise peut être amenée à emprunter à l’étranger, faute de disponibilité sur le marché national. Les agents étrangers de leur côté peuvent préférer prêter de l’argent en dehors de leur territoire pour obtenir des gains plus importants. On parle ici de commerce intertemporel.
- Les transactions entre marchés des capitaux. Ces transactions se traduisent par l’achat d’actifs contre actifs (bien immobiliers, actions, bon du trésor etc.). L’acquisition d’un bien immobilier par un résident américain dans un pays de la zone euros, amène une augmentation positive de la balance européenne des capitaux par l’entrée de devises. En ce sens, les échanges sur ces marchés constituent un gain pour les pays bénéficiaires.

Les différents types d’actifs

Les actions et les obligations constituent les deux principaux types d’actifs. Ils existent d’autres plus complexes comme les options sur devises ou actions que nous n’aborderons pas ici. Les obligations sont des titres de dette rémunérés par de l’intérêt. Les actions, quant à elles, sont des titres de propriété rémunérés en fonction des bénéfices que réalise une société, les dividendes. De ce fait, les actions sont des instruments plus risqués mais pouvant être plus rémunérateurs que les obligations. Mais dans tous les cas, les détenteurs de ces titres sont tributaires de la bonne santé d’une entreprise.

Aversion au risque et diversification des actifs

Nous allons aborder maintenant les critères sur lesquels se fondent les choix des agents économiques dans l’achat de capitaux. Aux primes abords, nous dirions le rendement, plus le rendement a des chances d’être élevé plus la tentation d’investir est forte. Ce qui est en parti vrai. Cependant un autre élément intervient, l’aversion au risque et constitue le discriminant dominant pour la plupart des agents. Ainsi pour un portefeuille d’actifs de 1000 euros avec une chance sur deux de tout perdre et une chance sur deux de doubler sa mise, la majorité des agents économiques préféreront ne rien investir. De même, un investisseur privilégiera toujours un portefeuille de titres dont le rendement est moindre et plus constant que des titres fluctuants continuellement. Cet élément explique en grande partie la libéralisation et le développement croissant des échanges de capitaux au niveau international depuis les années 80. L’internationalisation du marché des capitaux ont permis aux investisseurs de diversifier leurs actifs et par la même de limiter les risques liés au rendement. L’économiste James Tobbin a formalisé ce principe dans la théorie du choix du portefeuille avec la formule « Ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier ».

Les acteurs du marché international des capitaux

On dénombre quatre grands acteurs sur le marché international des capitaux ou marché financier : les banques d’affaires et commerciales, les institutions financières non bancaires, les entreprises et les banques centrales.

- Les banques d’affaire et commerciale joue un rôle important sur les marchés financiers comme le rappelle la crise de 2008. Si son passif est constitué principalement de dépôts, son actif est composé essentiellement de prêts cédés à des entreprises et des particuliers, d‘obligations, de dépôts interbancaires et de titres. Ainsi, ces banques jouent aussi un rôle de « trader » en souscrivant des actions et des obligations pour leur compte ou celles des entreprises. Dans ce dernier cas, leur rôle consiste à trouver des acheteurs à un prix de vente minimum garanti contre une commission. Ce genre d’activité s’est développé suite à la libéralisation du marché des capitaux dans les années 70 en permettant aux banques de diversifier leurs activités à l’étranger, dans des pays où la réglementation était plus laxiste et l’imposition plus favorable au « boursicotage ». Il est à noter que le fait, pour une banque, de disposer à son actif à la fois de prêts classiques et de titres boursiers n’est pas sans risque. La crise des subprimes en témoigne. Les subprimes sont des titratisations de prêts immobiliers vendus par des institutions non financières et garantis « sans risque » à l’époque par les agences de notations. En 2008, la crise immobilière et l’augmentation des taux d’intérêts ont mis les prêteurs en situation d’insolvabilité. Les banques se sont retrouvés à financer les saisies et ont du suspendre dans le même temps les prêts interbancaires. Les prêts aux particuliers et aux entreprises étaient accordés à des conditions draconiennes. On voit dans cet exemple l’interaction entre la finance et l’économie réelle et aussi le danger de mélanger les activités des banques. C’est dans cet esprit que des projets sont à l’étude aujourd’hui pour séparer les banques d’affaires des banques de dépôts et d’investissements.

- Lorsqu’une entreprise désire se financer, elle peut avoir recours au marché financier à travers les actions et les obligations. Les actions sont des titres de propriété généralement plus risqués que les obligations qui sont des titres de dette. Ces derniers sont utilisés pour les emprunts à long terme.

- Les institutions financières non bancaires sont des acteurs dont le rôle n’a cessé de croitre depuis les vingt dernières années. Pour donner quelques chiffres, elles représentaient en 2001 un marché de 62 000 milliards de dollars, 15 fois plus que le marché financier Français (EFAMA 2008). Elles ont pris leur essor au début des années 90 et ont triplé en 10 ans (Bourdin 2003). Plus connus sous l’appellation société d’investissement, fond de pension, société d’assurance, leur métier consiste à placer l’épargne des particuliers ou des entreprises sur des marchés financiers en prenant de nombreux risques, par la pratique notamment du benchmarking, à l’origine des bulles financières croissantes depuis vingt ans. Le benchmarking consiste à comparer les techniques de marketing et de gestion entre plusieurs entreprises pour en tirer le meilleur en vue de l’implémenter dans une autre entreprise. L’objectif étant, bien entendu, d’améliorer le taux de rentabilité des produits financiers.

- Les banques centrales interviennent essentiellement sur le marché des changes en vendant des devises en échange de leur monnaie quand elle souhaite l'apprécier et vice versa quand elle souhaite la déprécier.