Politique économique

Réformes du système financier

Les différentes crises financières, qui ont traversées le XXème siècle et celle du début du XXIème siècle, ont impacté à chaque reprise l’économie réelle par une baisse de la production et une augmentation du chômage. Elles trouvent leur origine dans une spéculation dont l’objectif premier est la réalisation de profit à court terme indépendamment des réalités économiques et sociales (cf chapitre dédié à la bourse). La spéculation touche aussi bien les produits financiers que dérivés (matière première, agricole ...). Dans un monde où les capitaux circulent librement et de préférence vers des lieux où la réglementation est plus laxiste et l’imposition moins élevée, bref un monde où l’éthique n’a pas sa place, c’est aux Etats et donc au politique de jouer un rôle de régulateur par des accords internationaux ou, pour nous pays européens, par des accords au sein de l’union européenne.

De nombreux axes de réformes existent :
1- Faire évoluer le statut de la banque centrale Européenne en lui octroyant, en plus du rôle de lutte contre l’inflation, celui d’être garant du plein emploie comme c’est le cas aux USA.

2- Contrôle de banques privées par la banque centrale notamment pour les investissements financiers (cf Crise subprimes). Elle jouerait le rôle de garde fou.

3- Interdiction de toute forme de spéculation sur les produits dérivés.

4- Séparation entre banque de dépôts et de crédits qui finance l’économie réelle et les banques d’affaires dont l’activité principale est la spéculation (cf Crise subprimes).

5- Interdiction aux banques d’avoir des filiales dans les paradis fiscaux ainsi qu’une obligation de déclaration des activités pays par pays.

6- Interdire aux Etats d’emprunter sur les marchés financiers. Redonner par la même à la banque centrale le rôle de prêteur avec pour contrepartie la possibilité de contrôler les budgets de chaque pays de l’union et de sanctionner en cas de déficit budgétaire. Imposer l’équilibre budgétaire par quinquennat et non annuellement. Par cet équilibre budgétaire d’une part et par l’obtention de crédit d’autre part, les dettes actuelles pourraient être annulées ou réduites fortement, comme se fut le cas en Amérique latine dans les années 80. Il est complètement chimérique d’imaginer que nous remboursions des milliers de milliards d’euros cumulé depuis plus de 30 ans. La perspective de rachat d’une partie de la dette par la BCE est aussi une piste à étudier. Pour information, aujourd’hui en France, en 2012 alors que les intérêts de la dette s’élève à 47 milliards d’Euros le déficit budgétaire s’élève à 87 milliards d’euros. Autrement dit, la moitié du déficit s’explique par les intérêts de la dette! A cela s’ajoute les quelques 40-50 milliards de recettes fiscales annuelles manquantes liées à l’évasion fiscale. En 2012, on estime à environ à 1000 Milliards d’euros les revenus Français cachés dans des paradis fiscaux.

7- Lutte contre l’évasion fiscale par l’embauche de 500 contrôleurs fiscaux supplémentaires.

8- Etendre la loi 228-2 du code du commerce à tous les titres de dettes afin de mettre fin à l’anonymat des emprunteurs. (cf focus dette de la France).