Politique économique

La zone monétaire optimale



Le concept de zone monétaire optimale fut introduit par R. Mundell en 1961. On parle de zone monétaire optimale lorsqu’un ensemble d’Etats ayant des liens commerciaux forts  ont tout intérêts à conserver des changes fixes sans fluctuation soit parce que leur niveau de prospérité économique est identique soit parce qu’il existe des mécaniques de rééquilibrage permettant de compenser des disparités régionales.
Ces mécanismes sont :
-la mobilité des facteurs de production permettant ainsi à des citoyens de changer de régions si la situation économique y est meilleure ailleurs.
-une politique budgétaire et fiscale permettant à un Etat de redistribuer par des investissements ou des transferts publics vers des régions dont les performances économiques sont moindres, et ainsi réduire les écarts de niveau de vie. On estime qu’au Etats unis ces écarts sont supportés à hauteur de 40% par le budget fédéral.
Qu’en est-il de l’Europe?
Les échanges intra-européens représentent en 2012 environ 63% du commerce extérieur des pays de l’union. Aujourd’hui même si le contrôle au frontière est supprimé la mobilité du travail reste faible pour des raisons culturels, linguistiques et aussi réglementaires : droit du travail, salaire minimum garanti dans certains pays etc.
L’Europe ne joue pas un rôle de rééquilibrage des disparités entre les régions. En 2012, le poids du budget européen représente environ 1% du PIB de l’union. A titre de comparaison, le budget français, en ressource, représente plus de 40% du PIB national.
De plus, le dumping social constitue une réalité et un risque grave pour l’UEM. La liberté de circulation des capitaux et une monnaie unique incitent davantage des industriels à délocaliser leur production dans des pays de l’union européenne dont le coût est moindre et le droit du travail moins contraignant.

Bref, on sent bien que l’UEM passe inéluctablement par une coordination des politiques budgétaire, fiscale et du droit du travail (salaire minimum, temps de travail, droit des salariés etc.) mais cela ne pourra se faire qu’au prix d’une perte sans cesse croissante de souveraineté. Les citoyens y sont ils prêts ? Si oui, à condition que l’Europe ne constitue pas une régression mais au contraire apporte prospérité, croissance, bien être social et compétitivité.  Concepts qui peuvent paraitre contradictoire selon la vision économique vers laquelle on souhaite amener l’Europe. Chaque nation européenne a sa tradition, l'Angleterre et l’Allemagne plus libérale, la France plus interventionniste.
Ces divergences constituent un nœud gordien que les nations devront trancher, au risque, le cas contraire d’entrainer la dissolution de l’UEM et le repli sur soi.